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    <title>Fenêtre sur ville</title>
    <link>https://fenetre-sur-ville.writeas.com/</link>
    <description>par Serge Marcel Roche</description>
    <pubDate>Sun, 03 May 2026 04:01:17 +0000</pubDate>
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      <title>Didascalies 1.1</title>
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      <description>&lt;![CDATA[La ville, son multicorps&#xA;\[Soi, parfois se disant\]&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒  &#xA;&#xA;La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.&#xA;&#xA;\[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.\]]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>La ville, son multicorps
[Soi, parfois se disant]</p>



<p>On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒</p>

<p>La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.</p>

<p>[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.]</p>
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      <pubDate>Sun, 03 May 2026 01:24:33 +0000</pubDate>
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      <title>La ville est un multicouloir</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Prolégomènes 2&#xA;&#xA;La ville est un multicouloir, autant qu&#39;une fenêtre, pour tous les gens qui vont et les automobiles. Les choses qui professent d&#39;être liées par des racines, végétales ou de terre, en fer ou de béton, liées au lieu tournant autour d&#39;elles, se trouvent chacune au centre de la ville, fin et commencement de son multicouloir. La ville est donc aussi multicentre immobile, qui contraste avec la fureur de ses déplacements, car l&#39;arbre, l&#39;herbe, les maisons, n&#39;ont jamais aboli l&#39;errance. Les humains, qui ne cessent d&#39;arpenter ce multicouloir, ont aux bêtes, qui sur leurs jambes grêles ne vont pas non plus sans souffrance, interdit la divagation. Mais il en est, chats, poules nourries de peu, qui se dérobent à cette condition, ainsi que les espèces sauvages pour qui la ville n&#39;est qu&#39;un trou au sein des espaces que l&#39;on dit verts, comme elle l&#39;est pour moi-même, bien que différemment.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Le vol en cercles des milans au-dessus de la ville a pour centre une proie que son œil isole. Le dessus de la ville est un couloir d&#39;air qui monte et qui descend, où des cercles moins grands s&#39;insèrent, tels ceux chaotiques des corbeaux blancs. L&#39;humain est aussi proie dans le couloir central économique. L&#39;image du cœur soi-disant de la ville est un abdomen d&#39;araignée, tissant le fil diffus d&#39;une errance non seulement permise, mais planifiée. Le plan de la ville révèle un multicouloir étoilée où tournent les taxis jaunes, comme au-dessus se resserre l’œil des milans noirs. La ville cartographiée montre donc un multicentre immobile, paisible si l&#39;on exclue des maisons les drames de la conjugalité, de qui part son multicouloir et à qui il revient, image sur qui se calque un ventre à l&#39;affut, ensemble producteur et dévoreur de biens.&#xA;&#xA;Le multicouloir de la ville est à triple niveau, défiant cependant toute horizontalité du plan. De plus, chacun de ses degrés s&#39;étage à sa manière, se répète en se modifiant, selon la variabilité de sa marge d&#39;espace et de temps. Le second degré diffère en hauteur, de vue et de sonorité, des autres qui paraissent presque infiniment grands. Entre eux, l&#39;intervalle est joué par les cadences des locomotions animales et de la marche humaine, la rumeur tumultueuse et le froissement des ailes. Les gens qui vont à ras de chaussée ignorent l&#39;impact sur leurs corps d&#39;une activité souterraine. L&#39;étagement premier, nommé communément sous-sol, se présente comme multiplement subdivisé en époques, dont les plus lointaines échappent à la non-magmatique conscience ordinaire. La dernière, vulgairement nommée croute, à qui les gens qui vont sont reliés par la plante des pieds, transpercée par le multicouloir économique, est une peau scarifiée et le reposoir des poubelles.&#xA;&#xA;De sourdes cavités, les unes d&#39;où l&#39;on tire une eau plus ou moins saine, les autres dont le destin est d&#39;avaler ce qui se perd, trouent à la verticale le haut de l&#39;âge latéritique. Quant à la croute, que l&#39;on cultive en ses moindres recoins, elle est surtout percée en son horizontal travers. Des murmurations racinaires, d&#39;imperceptibles crissements, des clapotis et tapotements divers, ainsi qu&#39;une gamme entière de vibrations, composent l&#39;intervalle entre cette surface dominée et le premier étage de la ville, étendue dominante quoique superficielle, qui du triple niveau de son multicouloir est le second degré. Le plancher du premier étage de la ville, qu&#39;on touche, sur qui les autos roulent et les gens vont, est zone de résonance intermédiaire. Elle prolonge les accords de la vie subterrienne et les répercute, bien qu&#39;on ne les entende guère dans le concert urbain.&#xA;&#xA;Le troisième degré du multicouloir de la ville, va de la partie la plus élevée de la frondaison des manguiers, des touffes couronnant les stipes de palmiers, du faîte de chaque maison, building, lieu de culte quelle que soit son espèce et des pointes de poteaux, d&#39;antennes ou de réservoirs d&#39;eau, à une ligne de la troposphère que l&#39;on peut situer à hauteur du vol crépusculaire des jacos. Son écart, partiellement colonisé par les émissions humaines, d&#39;intensité variable selon le calendrier horaire, arpège surtout, outre le grésillement des ondes, certaines voix de rapaces, d&#39;arondes, le verbiage rauque des corvidés et les gloussements de pigeons verts. Au-dessus s&#39;enroulent les nuages, que l&#39;on regarde passer.&#xA;&#xA;Pentes rocheuses formant d’innombrables goulets, canaux de tournures et longueurs diverses, voies de circulation, constituent au premier étage de la ville l&#39;agencement du second degré de son multicouloir. Pour une meilleure lecture du plan, il conviendrait de légender en tenant compte d&#39;une distinction entre couloir qui désigne proprement là où ça glisse et corridor, là où ça court. Mais qu&#39;importe le nom. Corridor ou couloir, il est ici fréquent que l&#39;un se transforme en l&#39;autre, ce qui prouve la fluidité du vocabulaire. Et quand il pleut, tout se confond. La durée des orages, leur violence parfois, font que la raison courre, que le corps glisse et que dans les passages tout se noie.&#xA;&#xA;Les second et troisième degré du multicouloir de la ville se voilent lors de la saison sèche. L&#39;image en devient floue. Une couche de poussière d&#39;un rouge délavé d&#39;oxyde de fer revêt les zones non bitumées de la croute du premier degré, dont les galeries et les veines se resserrent.&#xA;&#xA;L&#39;intervalle coïncidant à l&#39;air que l&#39;on respire, entre le sol et le niveau trois du multicouloir, rassemble les éléments particuliers à l&#39;atmosphère sonore de la ville. L&#39;atmosphère sonore de la ville est un lieu, plutôt qu&#39;une ambiance. Du terme lieu ressort davantage le volume de sa matérialité. Qui sait écouter en perçoit l&#39;étendue bien au-delà de ce que l’œil voit. L&#39;ambiance est étroitement localisée, mesquine, franchit peu les limites de la concession ou du sous-quartier. Elle est réduite aux chansons d&#39;un quelconque programme radiophonique, au charivari d&#39;une soirée à boire, à l&#39;éclat convenu des voix lors d&#39;un visite-bébé. Tout autre est ce lieu, ce topos que les émissions produites par les autres degrés rejoignent, non un banal empilement de bruits semblables ailleurs, mais le dire même de la ville et son atmosphère sonore.&#xA;&#xA;Le multicouloir en qui ce dire courre ou glisse, épouse la morphologie de la ville. Sans les reliefs qu&#39;elle étage, qui ne se bornent pas au modelé visible des surfaces, à la variation des contours, et partant au dessin d&#39;ensemble, dans un cadre, de toutes les choses qui se touchent, dont les points sous-tendent un fil mystérieux, ce dire ne serait qu&#39;un monologue ennuyeux, un discours recto tono. Le fil que fabrique le ventre d&#39;araignée de la ville en son multicentre immobile forme la chambre d&#39;écho de l&#39;atmosphère sonore et la trame langagière qui emplissent le multicouloir de son corps. Les gens qui vont le suivant, ainsi que les bêtes sur leurs jambes grêles et les espèces ailées, mais aussi êtres et choses qui se meuvent sans quitter leur place, en même temps qu&#39;étant multiple terme de son énoncé, traversent le dire de la ville et par lui sont traversées.&#xA;&#xA;Le multicouloir est l&#39;organe buccal de la ville, un trou, dont la langue est nombreuse. La ville énonce ce qu&#39;elle comprend, mais que dit-elle ? Rien. Ou le moins qu&#39;elle puisse dire : pas plus que ce qui la compose, qu&#39;elle contient et libère au sein de son multicouloir conjointement trou et mamelle : langue qui suit le fil de son ventre d&#39;araigne. Chacun des termes de l&#39;énoncé de la ville étant un point de sa trame langagière et vibration d&#39;un corps participant de son lieu sonore, dire et ne rien dire s&#39;équivalent ici. La ville est mutité parlante dans le trou de sa bouche, verbale endophasie qui tapisse son canevas mammaire, en qui toutes les espèces, humaines ou non, se déplacent et bruissent.&#xA;&#xA;Lavillestunmulticouloir]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Prolégomènes 2</p>

<p>La ville est un multicouloir, autant qu&#39;une fenêtre, pour tous les gens qui vont et les automobiles. Les choses qui professent d&#39;être liées par des racines, végétales ou de terre, en fer ou de béton, liées au lieu tournant autour d&#39;elles, se trouvent chacune au centre de la ville, fin et commencement de son multicouloir. La ville est donc aussi multicentre immobile, qui contraste avec la fureur de ses déplacements, car l&#39;arbre, l&#39;herbe, les maisons, n&#39;ont jamais aboli l&#39;errance. Les humains, qui ne cessent d&#39;arpenter ce multicouloir, ont aux bêtes, qui sur leurs jambes grêles ne vont pas non plus sans souffrance, interdit la divagation. Mais il en est, chats, poules nourries de peu, qui se dérobent à cette condition, ainsi que les espèces sauvages pour qui la ville n&#39;est qu&#39;un trou au sein des espaces que l&#39;on dit <em>verts</em>, comme elle l&#39;est pour moi-même, bien que différemment.</p>



<p>Le vol en cercles des milans au-dessus de la ville a pour centre une proie que son œil isole. Le dessus de la ville est un couloir d&#39;air qui monte et qui descend, où des cercles moins grands s&#39;insèrent, tels ceux chaotiques des corbeaux blancs. L&#39;humain est aussi proie dans le couloir central économique. L&#39;image du cœur soi-disant de la ville est un abdomen d&#39;araignée, tissant le fil diffus d&#39;une errance non seulement permise, mais planifiée. Le plan de la ville révèle un multicouloir étoilée où tournent les taxis jaunes, comme au-dessus se resserre l’œil des milans noirs. La ville cartographiée montre donc un multicentre immobile, paisible si l&#39;on exclue des maisons les drames de la conjugalité, de qui part son multicouloir et à qui il revient, image sur qui se calque un ventre à l&#39;affut, ensemble producteur et dévoreur de biens.</p>

<p>Le multicouloir de la ville est à triple niveau, défiant cependant toute horizontalité du plan. De plus, chacun de ses degrés s&#39;étage à sa manière, se répète en se modifiant, selon la variabilité de sa marge d&#39;espace et de temps. Le second degré diffère en hauteur, de vue et de sonorité, des autres qui paraissent presque infiniment grands. Entre eux, l&#39;intervalle est joué par les cadences des locomotions animales et de la marche humaine, la rumeur tumultueuse et le froissement des ailes. Les gens qui vont à ras de chaussée ignorent l&#39;impact sur leurs corps d&#39;une activité souterraine. L&#39;étagement premier, nommé communément sous-sol, se présente comme multiplement subdivisé en époques, dont les plus lointaines échappent à la non-magmatique conscience ordinaire. La dernière, vulgairement nommée croute, à qui les gens qui vont sont reliés par la plante des pieds, transpercée par le multicouloir économique, est une peau scarifiée et le reposoir des poubelles.</p>

<p>De sourdes cavités, les unes d&#39;où l&#39;on tire une eau plus ou moins saine, les autres dont le destin est d&#39;avaler ce qui se perd, trouent à la verticale le haut de l&#39;âge latéritique. Quant à la croute, que l&#39;on cultive en ses moindres recoins, elle est surtout percée en son horizontal travers. Des murmurations racinaires, d&#39;imperceptibles crissements, des clapotis et tapotements divers, ainsi qu&#39;une gamme entière de vibrations, composent l&#39;intervalle entre cette surface dominée et le premier étage de la ville, étendue dominante quoique superficielle, qui du triple niveau de son multicouloir est le second degré. Le plancher du premier étage de la ville, qu&#39;on touche, sur qui les autos roulent et les gens vont, est zone de résonance intermédiaire. Elle prolonge les accords de la vie subterrienne et les répercute, bien qu&#39;on ne les entende guère dans le concert urbain.</p>

<p>Le troisième degré du multicouloir de la ville, va de la partie la plus élevée de la frondaison des manguiers, des touffes couronnant les stipes de palmiers, du faîte de chaque maison, building, lieu de culte quelle que soit son espèce et des pointes de poteaux, d&#39;antennes ou de réservoirs d&#39;eau, à une ligne de la troposphère que l&#39;on peut situer à hauteur du vol crépusculaire des jacos. Son écart, partiellement colonisé par les émissions humaines, d&#39;intensité variable selon le calendrier horaire, arpège surtout, outre le grésillement des ondes, certaines voix de rapaces, d&#39;arondes, le verbiage rauque des corvidés et les gloussements de pigeons verts. Au-dessus s&#39;enroulent les nuages, que l&#39;on regarde passer.</p>

<p>Pentes rocheuses formant d’innombrables goulets, canaux de tournures et longueurs diverses, voies de circulation, constituent au premier étage de la ville l&#39;agencement du second degré de son multicouloir. Pour une meilleure lecture du plan, il conviendrait de légender en tenant compte d&#39;une distinction entre <em>couloir</em> qui désigne proprement là où ça glisse et <em>corridor</em>, là où ça court. Mais qu&#39;importe le nom. Corridor ou couloir, il est ici fréquent que l&#39;un se transforme en l&#39;autre, ce qui prouve la fluidité du vocabulaire. Et quand il pleut, tout se confond. La durée des orages, leur violence parfois, font que la raison courre, que le corps glisse et que dans les passages tout se noie.</p>

<p>Les second et troisième degré du multicouloir de la ville se voilent lors de la saison sèche. L&#39;image en devient floue. Une couche de poussière d&#39;un rouge délavé d&#39;oxyde de fer revêt les zones non bitumées de la croute du premier degré, dont les galeries et les veines se resserrent.</p>

<p>L&#39;intervalle coïncidant à l&#39;air que l&#39;on respire, entre le sol et le niveau trois du multicouloir, rassemble les éléments particuliers à l&#39;atmosphère sonore de la ville. L&#39;atmosphère sonore de la ville est un lieu, plutôt qu&#39;une <em>ambiance</em>. Du terme <em>lieu</em> ressort davantage le volume de sa matérialité. Qui sait écouter en perçoit l&#39;étendue bien au-delà de ce que l’œil voit. L&#39;ambiance est étroitement localisée, mesquine, franchit peu les limites de la concession ou du sous-quartier. Elle est réduite aux chansons d&#39;un quelconque programme radiophonique, au charivari d&#39;une soirée à boire, à l&#39;éclat convenu des voix lors d&#39;un <em>visite-bébé</em>. Tout autre est ce lieu, ce topos que les émissions produites par les autres degrés rejoignent, non un banal empilement de bruits semblables ailleurs, mais le dire même de la ville et son atmosphère sonore.</p>

<p>Le multicouloir en qui ce dire courre ou glisse, épouse la morphologie de la ville. Sans les reliefs qu&#39;elle étage, qui ne se bornent pas au modelé visible des surfaces, à la variation des contours, et partant au dessin d&#39;ensemble, dans un cadre, de toutes les choses qui se touchent, dont les points sous-tendent un fil mystérieux, ce dire ne serait qu&#39;un monologue ennuyeux, un discours recto tono. Le fil que fabrique le ventre d&#39;araignée de la ville en son multicentre immobile forme la chambre d&#39;écho de l&#39;atmosphère sonore et la trame langagière qui emplissent le multicouloir de son corps. Les gens qui vont le suivant, ainsi que les bêtes sur leurs jambes grêles et les espèces ailées, mais aussi êtres et choses qui se meuvent sans quitter leur place, en même temps qu&#39;étant multiple terme de son énoncé, traversent le dire de la ville et par lui sont traversées.</p>

<p>Le multicouloir est l&#39;organe buccal de la ville, un trou, dont la langue est nombreuse. La ville énonce ce qu&#39;elle comprend, mais que dit-elle ? Rien. Ou le moins qu&#39;elle puisse dire : pas plus que ce qui la compose, qu&#39;elle contient et libère au sein de son multicouloir conjointement trou et mamelle : langue qui suit le fil de son ventre d&#39;araigne. Chacun des termes de l&#39;énoncé de la ville étant un point de sa trame langagière et vibration d&#39;un corps participant de son lieu sonore, dire et ne rien dire s&#39;équivalent ici. La ville est mutité parlante dans le trou de sa bouche, verbale endophasie qui tapisse son canevas mammaire, en qui toutes les espèces, humaines ou non, se déplacent et bruissent.</p>

<p><a href="https://fenetre-sur-ville.writeas.com/tag:Lavillestunmulticouloir" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Lavillestunmulticouloir</span></a></p>
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      <guid>https://fenetre-sur-ville.writeas.com/la-ville-est-un-multicouloir</guid>
      <pubDate>Mon, 05 Jan 2026 15:43:41 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>L&#39;image de la ville</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Prolégomènes 1&#xA;&#xA;Par la fenêtre je regarde l&#39;image ; elle aussi est une fenêtre. Je vois ainsi le trou de la ville. Ce trou : un carré noir au seuil de ma chambre, la ville qui n&#39;est pourtant pas sans lumière. Je regarde cette lumière, en elle tout devient fenêtre. Il y a une tristesse au bord, semblable à la couleur du rideau, qui retient l&#39;image d&#39;entrer. L&#39;image entre, si l&#39;on tire la couleur du rideau sur le côté. La fenêtre elle aussi est une image ; par elle je vois la lumière de la ville. Ce que nous voyons n&#39;est qu&#39;une image de ce que nous voyons. Je vois l&#39;image, de la fenêtre, de la ville, de la lumière de la ville, de la couleur de son rideau tiré sur le côté. La couleur du rideau est une image de la tristesse. Le rideau tiré, de la tristesse envolée quand l&#39;image est entré par la fenêtre.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Ce que nous éprouvons de l&#39;image, qui n&#39;a pas la netteté d&#39;une ouverture, ne s&#39;inscrit pas dans son carré, est une part plus ou moins grande d&#39;elle et d&#39;un inconnu. L&#39;image et l&#39;inconnu de l&#39;image entrent aussi par une fenêtre, même lorsque le rideau déployé dans toute sa largeur nous plonge dans le sommeil ou simplement l&#39;obscurité. L&#39;obscurité, elle, est une image, mais non la joie ou la tristesse. Certaines fibres de cette fenêtre, entrelacées, conduisent l&#39;image à des récepteurs eux-aussi organiques qui la traitent, la transforment. Ce que nous ressentons provient de cette transformation de l&#39;image, plus ou moins bien ajustée à son inconnu.&#xA;&#xA;Cependant l&#39;inconnu, également éprouvé, se retrouve confus. Pris dans un sentiment ou pire, une pensée. Au point qu&#39;il titube, cherche la clarté d&#39;un réverbère où il ne se reconnait pas. On l&#39;a transplanté, sous forme d&#39;image, au sein d&#39;un écrit et il ne se reconnait pas entièrement dans l&#39;image que l&#39;on donne de lui. Il ne reconnait ni la fenêtre, ni la ville, encore moins la couleur du rideau. Il lui semble avoir été jeté dans un trou qui n&#39;est pas celui de la ville, mais le trou d&#39;une chambre, d&#39;un couloir, où de terribles yeux l&#39;épient et jugent durement sa confusion. Les yeux ne voient pas que dans le fond, cette confusion n&#39;est pas entièrement la sienne, qu&#39;elle est surtout la confusion de l&#39;écrit. L&#39;image dans l&#39;écrit ne possède pas la netteté de l&#39;inconnu. Elle est un facsimilé, une photo copiée, quand ce qui trouble l&#39;inconnu est l&#39;impression qu&#39;il a produite et l&#39;image de son épreuve que l&#39;on a mise dans l&#39;écrit.&#xA;&#xA;On recherche l&#39;inconnu, bien qu&#39;il ne déserte jamais l&#39;image. Il entre toujours avec elle par la fenêtre, quelle que soit la couleur du rideau. Ils descendent toujours ensemble dans la même chambre d&#39;hôtel, à moins que celle-ci ne soit indisponible, par accident. Tous deux entrent même lorsque la ville est plongée dans le sommeil ou seulement l&#39;obscurité. Étant tout entier conjoint au visible de l&#39;image, l&#39;inconnu ne se cache pas derrière elle, tel un amant honteux. Le veilleur de nuit peut tranquillement dormir ou lire durant son office. La réceptionniste peut abandonner ses fiches afin de rêver.&#xA;&#xA;L&#39;image n&#39;entre pas dans l&#39;écrit par une fenêtre, on l&#39;y dépose, mais elle fait de l&#39;écrit une fenêtre, qui s&#39;ouvre sur elle et son inconnu. Grâce à l&#39;image déposée, l&#39;écrit à son tour devenu fenêtre sur l&#39;image conduit cette dernière, qui est une photo copiée, à des récepteurs organiques qui la traitent et la transforment au gré de leurs capacités. Ils peuvent tout aussi bien changer imperceptiblement la couleur du rideau, modifier le plan du trou de la ville, réduire ou intensifier sa lumière, jouer de sa ressemblance à l&#39;inconnu. L&#39;employée du jour ou le veilleur de nuit regardent par la fenêtre de l&#39;écrit et font une lecture de l&#39;image contenue. C&#39;est la troisième transformation de l&#39;image, la seconde étant sous leurs yeux.&#xA;&#xA;L&#39;inconnu, éprouvé par ces transformations successives, n&#39;est plus qu&#39;une ombre de l&#39;image vue au seuil de ma chambre, le carré noir de la ville, le trou de la ville au bout du couloir, mais cette ombre ou plutôt telle manière d&#39;ombre sur la page, est toujours ressemblance de l&#39;image. L&#39;inconnu est l&#39;ombre de l&#39;image, autant dire sa lumière ou plutôt telle manière de lumière dans la chambre, puis dans l&#39;écrit. S&#39;il ne se reconnait pas dans l&#39;image, c&#39;est que nous l&#39;avons éloignée de lui, lui qui ne cesse pour autant d&#39;être sa ressemblance et qu&#39;aucune transformation ne peut vaincre. L&#39;ombre, étant son inconnu, est plus meuble, mouvante, que la lumière, l&#39;image n&#39;est que changeante, selon la couleur du rideau. Ressemblance n&#39;est pas copie que le temps pâlit.&#xA;&#xA;La seconde transformation de l&#39;image consiste en une reproduction de sa première copie, quand elle n&#39;est encore que l&#39;image de ce que nous voyons par la fenêtre de la chambre, au bord de la nuit. Aussitôt que nous voyons par la fenêtre, l&#39;image est dans la chambre. Dans la chambre se retrouvent imagés le carré noir du trou de la ville qui n&#39;est pas sans lumière, la couleur du rideau et l&#39;ombre de l&#39;inconnu, ressemblance de l&#39;image. Il ne faut que 100 millisecondes pour que ce que nous voyons devienne une copie de ce que nous avons vu, une image du passé. De la mémoire. Il faut des heures, des jours, voire des années, pour la re-produire, c&#39;est-à-dire la transformer et la déposer dans la chambre de l&#39;écrit ou du rêve, qui devient une fenêtre ouvrant sur son inconnu. Ou parfois n&#39;est besoin qu&#39;une infime fraction de temps pour écrire que je vois le trou de la ville, un carré noir à la surface orange du cerveau.&#xA;&#xA;Reproduire, ici, n&#39;est pas servilement copier l&#39;image archivée dans la chambre de la mémoire, chambre qui est un trou bien plus noir encore que la ville, mais la recomposer à partir de son ombre. L&#39;inconnu de l&#39;image, si fortement éprouvé, n&#39;en demeure pas moins ressemblance la plus fidèle à l&#39;image de ce que nous avons vu. Si l&#39;image, sa matière, est en quelque sorte le corps de son inconnu, l&#39;inconnu lui, est en tant qu&#39;esprit de l&#39;image l&#39;esprit de ce que nous avons vu. Re-produire l&#39;image de ce que nous avons vu sera lui rendre une matérialité, de telle sorte que l&#39;inconnu soit plus fortement perçu, éprouvé, que son corps. La forme donnée dans l&#39;écrit à l&#39;image, à partir de son ombre, sera telle que l&#39;inconnu, qui ne peut se disjoindre d&#39;elle, sera plus sensiblement et intellectuellement perçu. Il s&#39;agit de re-produire une forme qui soit, plus que celle de la matière de l&#39;image, une forme-apparition de sa ressemblance.&#xA;&#xA;Le trou, dans l&#39;écrit, est l&#39;inconnu de la ville et de son image. Mais trou est aussi une image, une image de la ressemblance de la ville. On produit dans l&#39;écrit une image de l&#39;esprit. Trou est une image de l&#39;esprit de la ville, non la seule. Trou est corps de l&#39;esprit de la ville. L&#39;esprit de la ville est l&#39;inconnu de son multicorps. Qu&#39;un autre que moi, dans sa chambre à soi, écrive plutôt que la ville est un trou, la ville est une mamelle, mamelle est aussi bien que trou l&#39;inconnu de la ville et de son image. C&#39;est que l&#39;image entrée par la fenêtre de sa chambre à lui n&#39;est pas tout à fait la même, après 100 millisecondes, que celle qui est entré dans la mienne. Lui, re-produit cette image en donnant à son inconnu la forme-image mamelle, quand je lui donne la forme-image trou. Aussi bien mamelle que trou sont ressemblance de l&#39;image du multicorps de la ville et l&#39;esprit de la ville peut prendre autant de forme qu&#39;il y a de fenêtres.&#xA;&#xA;L&#39;image peut être vue dans la chambre, si l&#39;on fait appel à elle, sans sortir de la chambre ; il est aussi possible de la faire sortir de la chambre, en lui donnant une forme-image, déposée dans l&#39;écrit, qui fait apparaitre une part de son inconnu. L&#39;inconnu ne peut être manifesté en son entièreté, mais comme trou, mamelle, carré noir de la ville qui n&#39;est pas sans lumière. Trou, dans l&#39;écrit, devient alors fenêtre sur l&#39;esprit de la ville. Lorsque le veilleur ou la réceptionniste lisent trou, se produit la troisième transformation de l&#39;image. Dans la chambre du veilleur ou de la réceptionniste, l&#39;image-trou révèle à l&#39;esprit une part de l&#39;inconnu de la ville. S&#39;il y a transformation, c&#39;est que d&#39;une part s&#39;opère une re-production de l&#39;image, d&#39;autre part que trou pour l&#39;esprit du veilleur n&#39;a pas nécessairement la même largeur que pour l&#39;esprit de la réceptionniste. Chez l&#39;une trou sera percée de lumière à travers le rideau, chez l&#39;autre creux dans la terre ou déchirure de la peau. La troisième copie de l&#39;image est multiple, ainsi qu&#39;est nombreux le corps de la ville et son inconnu.&#xA;&#xA;Toutefois, ayant laissé une part de lui-même, l&#39;inconnu s&#39;éloigne. En tant qu&#39;entière ressemblance de la ville et de son image, il ne peut se résoudre à n&#39;être dans la chambre que trou ou mamelle. Il s&#39;éloigne cependant sans tristesse, tellement il reste encore, à la surface du carré, de fenêtres ouvertes et de rideaux tirés sur le côté.&#xA;&#xA;Limagedelaville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Prolégomènes 1</p>

<p>Par la fenêtre je regarde l&#39;image ; elle aussi est une fenêtre. Je vois ainsi le trou de la ville. Ce trou : un carré noir au seuil de ma chambre, la ville qui n&#39;est pourtant pas sans lumière. Je regarde cette lumière, en elle tout devient fenêtre. Il y a une tristesse au bord, semblable à la couleur du rideau, qui retient l&#39;image d&#39;entrer. L&#39;image entre, si l&#39;on tire la couleur du rideau sur le côté. La fenêtre elle aussi est une image ; par elle je vois la lumière de la ville. Ce que nous voyons n&#39;est qu&#39;une image de ce que nous voyons. Je vois l&#39;image, de la fenêtre, de la ville, de la lumière de la ville, de la couleur de son rideau tiré sur le côté. La couleur du rideau est une image de la tristesse. Le rideau tiré, de la tristesse envolée quand l&#39;image est entré par la fenêtre.</p>



<p>Ce que nous éprouvons de l&#39;image, qui n&#39;a pas la netteté d&#39;une ouverture, ne s&#39;inscrit pas dans son carré, est une part plus ou moins grande d&#39;elle et d&#39;un inconnu. L&#39;image et l&#39;inconnu de l&#39;image entrent aussi par une fenêtre, même lorsque le rideau déployé dans toute sa largeur nous plonge dans le sommeil ou simplement l&#39;obscurité. L&#39;obscurité, elle, est une image, mais non la joie ou la tristesse. Certaines fibres de cette fenêtre, entrelacées, conduisent l&#39;image à des récepteurs eux-aussi organiques qui la traitent, la transforment. Ce que nous ressentons provient de cette transformation de l&#39;image, plus ou moins bien ajustée à son inconnu.</p>

<p>Cependant l&#39;inconnu, également éprouvé, se retrouve confus. Pris dans un sentiment ou pire, une pensée. Au point qu&#39;il titube, cherche la clarté d&#39;un réverbère où il ne se reconnait pas. On l&#39;a transplanté, sous forme d&#39;image, au sein d&#39;un écrit et il ne se reconnait pas entièrement dans l&#39;image que l&#39;on donne de lui. Il ne reconnait ni la fenêtre, ni la ville, encore moins la couleur du rideau. Il lui semble avoir été jeté dans un trou qui n&#39;est pas celui de la ville, mais le trou d&#39;une chambre, d&#39;un couloir, où de terribles yeux l&#39;épient et jugent durement sa confusion. Les yeux ne voient pas que dans le fond, cette confusion n&#39;est pas entièrement la sienne, qu&#39;elle est surtout la confusion de l&#39;écrit. L&#39;image dans l&#39;écrit ne possède pas la netteté de l&#39;inconnu. Elle est un facsimilé, une photo copiée, quand ce qui trouble l&#39;inconnu est l&#39;impression qu&#39;il a produite et l&#39;image de son épreuve que l&#39;on a mise dans l&#39;écrit.</p>

<p>On recherche l&#39;inconnu, bien qu&#39;il ne déserte jamais l&#39;image. Il entre toujours avec elle par la fenêtre, quelle que soit la couleur du rideau. Ils descendent toujours ensemble dans la même chambre d&#39;hôtel, à moins que celle-ci ne soit indisponible, par accident. Tous deux entrent même lorsque la ville est plongée dans le sommeil ou seulement l&#39;obscurité. Étant tout entier conjoint au visible de l&#39;image, l&#39;inconnu ne se cache pas derrière elle, tel un amant honteux. Le veilleur de nuit peut tranquillement dormir ou lire durant son office. La réceptionniste peut abandonner ses fiches afin de rêver.</p>

<p>L&#39;image n&#39;entre pas dans l&#39;écrit par une fenêtre, on l&#39;y dépose, mais elle fait de l&#39;écrit une fenêtre, qui s&#39;ouvre sur elle et son inconnu. Grâce à l&#39;image déposée, l&#39;écrit à son tour devenu fenêtre sur l&#39;image conduit cette dernière, qui est une photo copiée, à des récepteurs organiques qui la traitent et la transforment au gré de leurs capacités. Ils peuvent tout aussi bien changer imperceptiblement la couleur du rideau, modifier le plan du trou de la ville, réduire ou intensifier sa lumière, jouer de sa ressemblance à l&#39;inconnu. L&#39;employée du jour ou le veilleur de nuit regardent par la fenêtre de l&#39;écrit et font une lecture de l&#39;image contenue. C&#39;est la troisième transformation de l&#39;image, la seconde étant sous leurs yeux.</p>

<p>L&#39;inconnu, éprouvé par ces transformations successives, n&#39;est plus qu&#39;une ombre de l&#39;image vue au seuil de ma chambre, le carré noir de la ville, le trou de la ville au bout du couloir, mais cette ombre ou plutôt telle manière d&#39;ombre sur la page, est toujours ressemblance de l&#39;image. L&#39;inconnu est l&#39;ombre de l&#39;image, autant dire sa lumière ou plutôt telle manière de lumière dans la chambre, puis dans l&#39;écrit. S&#39;il ne se reconnait pas dans l&#39;image, c&#39;est que nous l&#39;avons éloignée de lui, lui qui ne cesse pour autant d&#39;être sa ressemblance et qu&#39;aucune transformation ne peut vaincre. L&#39;ombre, étant son inconnu, est plus meuble, mouvante, que la lumière, l&#39;image n&#39;est que changeante, selon la couleur du rideau. Ressemblance n&#39;est pas copie que le temps pâlit.</p>

<p>La seconde transformation de l&#39;image consiste en une reproduction de sa première copie, quand elle n&#39;est encore que l&#39;image de ce que nous voyons par la fenêtre de la chambre, au bord de la nuit. Aussitôt que nous voyons par la fenêtre, l&#39;image est dans la chambre. Dans la chambre se retrouvent imagés le carré noir du trou de la ville qui n&#39;est pas sans lumière, la couleur du rideau et l&#39;ombre de l&#39;inconnu, ressemblance de l&#39;image. Il ne faut que 100 millisecondes pour que ce que nous voyons devienne une copie de ce que nous avons vu, une image du passé. De la mémoire. Il faut des heures, des jours, voire des années, pour la re-produire, c&#39;est-à-dire la transformer et la déposer dans la chambre de l&#39;écrit ou du rêve, qui devient une fenêtre ouvrant sur son inconnu. Ou parfois n&#39;est besoin qu&#39;une infime fraction de temps pour écrire que je vois le trou de la ville, un carré noir à la surface orange du cerveau.</p>

<p>Reproduire, ici, n&#39;est pas servilement copier l&#39;image archivée dans la chambre de la mémoire, chambre qui est un trou bien plus noir encore que la ville, mais la recomposer à partir de son ombre. L&#39;inconnu de l&#39;image, si fortement éprouvé, n&#39;en demeure pas moins ressemblance la plus fidèle à l&#39;image de ce que nous avons vu. Si l&#39;image, sa matière, est en quelque sorte le corps de son inconnu, l&#39;inconnu lui, est en tant qu&#39;esprit de l&#39;image l&#39;esprit de ce que nous avons vu. Re-produire l&#39;image de ce que nous avons vu sera lui rendre une matérialité, de telle sorte que l&#39;inconnu soit plus fortement perçu, éprouvé, que son corps. La forme donnée dans l&#39;écrit à l&#39;image, à partir de son ombre, sera telle que l&#39;inconnu, qui ne peut se disjoindre d&#39;elle, sera plus sensiblement et intellectuellement perçu. Il s&#39;agit de re-produire une forme qui soit, plus que celle de la matière de l&#39;image, une forme-apparition de sa ressemblance.</p>

<p>Le trou, dans l&#39;écrit, est l&#39;inconnu de la ville et de son image. Mais trou est aussi une image, une image de la ressemblance de la ville. On produit dans l&#39;écrit une image de l&#39;esprit. Trou est une image de l&#39;esprit de la ville, non la seule. Trou est corps de l&#39;esprit de la ville. L&#39;esprit de la ville est l&#39;inconnu de son multicorps. Qu&#39;un autre que moi, dans sa chambre à soi, écrive plutôt que la ville est un trou, la ville est une mamelle, mamelle est aussi bien que trou l&#39;inconnu de la ville et de son image. C&#39;est que l&#39;image entrée par la fenêtre de sa chambre à lui n&#39;est pas tout à fait la même, après 100 millisecondes, que celle qui est entré dans la mienne. Lui, re-produit cette image en donnant à son inconnu la forme-image mamelle, quand je lui donne la forme-image trou. Aussi bien mamelle que trou sont ressemblance de l&#39;image du multicorps de la ville et l&#39;esprit de la ville peut prendre autant de forme qu&#39;il y a de fenêtres.</p>

<p>L&#39;image peut être vue dans la chambre, si l&#39;on fait appel à elle, sans sortir de la chambre ; il est aussi possible de la faire sortir de la chambre, en lui donnant une forme-image, déposée dans l&#39;écrit, qui fait apparaitre une part de son inconnu. L&#39;inconnu ne peut être manifesté en son entièreté, mais comme trou, mamelle, carré noir de la ville qui n&#39;est pas sans lumière. Trou, dans l&#39;écrit, devient alors fenêtre sur l&#39;esprit de la ville. Lorsque le veilleur ou la réceptionniste lisent trou, se produit la troisième transformation de l&#39;image. Dans la chambre du veilleur ou de la réceptionniste, l&#39;image-trou révèle à l&#39;esprit une part de l&#39;inconnu de la ville. S&#39;il y a transformation, c&#39;est que d&#39;une part s&#39;opère une re-production de l&#39;image, d&#39;autre part que trou pour l&#39;esprit du veilleur n&#39;a pas nécessairement la même largeur que pour l&#39;esprit de la réceptionniste. Chez l&#39;une trou sera percée de lumière à travers le rideau, chez l&#39;autre creux dans la terre ou déchirure de la peau. La troisième copie de l&#39;image est multiple, ainsi qu&#39;est nombreux le corps de la ville et son inconnu.</p>

<p>Toutefois, ayant laissé une part de lui-même, l&#39;inconnu s&#39;éloigne. En tant qu&#39;entière ressemblance de la ville et de son image, il ne peut se résoudre à n&#39;être dans la chambre que trou ou mamelle. Il s&#39;éloigne cependant sans tristesse, tellement il reste encore, à la surface du carré, de fenêtres ouvertes et de rideaux tirés sur le côté.</p>

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      <guid>https://fenetre-sur-ville.writeas.com/limage-de-la-ville</guid>
      <pubDate>Mon, 05 Jan 2026 15:36:38 +0000</pubDate>
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