Prolégomènes 1
Par la fenêtre je regarde l'image ; elle aussi est une fenêtre. Je vois ainsi le trou de la ville. Ce trou : un carré noir au seuil de ma chambre, la ville qui n'est pourtant pas sans lumière. Je regarde cette lumière, en elle tout devient fenêtre. Il y a une tristesse au bord, semblable à la couleur du rideau, qui retient l'image d'entrer. L'image entre, si l'on tire la couleur du rideau sur le côté. La fenêtre elle aussi est une image ; par elle je vois la lumière de la ville. Ce que nous voyons n'est qu'une image de ce que nous voyons. Je vois l'image, de la fenêtre, de la ville, de la lumière de la ville, de la couleur de son rideau tiré sur le côté. La couleur du rideau est une image de la tristesse. Le rideau tiré, de la tristesse envolée quand l'image est entré par la fenêtre.
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Prolégomènes 2
La ville est un multicouloir, autant qu'une fenêtre, pour tous les gens qui vont et les automobiles. Les choses qui professent d'être liées par des racines, végétales ou de terre, en fer ou de béton, liées au lieu tournant autour d'elles, se trouvent chacune au centre de la ville, fin et commencement de son multicouloir. La ville est donc aussi multicentre immobile, qui contraste avec la fureur de ses déplacements, car l'arbre, l'herbe, les maisons, n'ont jamais aboli l'errance. Les humains, qui ne cessent d'arpenter ce multicouloir, ont aux bêtes, qui sur leurs jambes grêles ne vont pas non plus sans souffrance, interdit la divagation. Mais il en est, chats, poules nourries de peu, qui se dérobent à cette condition, ainsi que les espèces sauvages pour qui la ville n'est qu'un trou au sein des espaces que l'on dit verts, comme elle l'est pour moi-même, bien que différemment.
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La ville, son multicorps
[Soi, parfois se disant]
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